Champ d'application de la CSRD restreint : mais êtes-vous toujours tenu de vérifier les rapports de développement durable ?
Un changement fondamental dans le champ d’application
Le changement le plus significatif concerne le champ d’application. Dans le cadre de la CSRD initiale, des milliers d’entreprises étaient soumises à des obligations de reporting obligatoires sur la base de la définition de la « grande entreprise » donnée par la directive comptable : 250 salariés et soit 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit 25 millions d’euros d’actifs totaux. Ce seuil a été entièrement remplacé. Une entité de l’UE n’est désormais concernée que si elle dépasse à la fois une moyenne de 1 000 salariés et un chiffre d’affaires net de 450 millions d’euros. Les PME cotées en bourse sont totalement exclues du champ d’application obligatoire. Pour les entités mères non européennes, le seuil est encore plus élevé : plus de 450 millions d’euros de chiffre d’affaires généré dans l’UE pendant deux années consécutives, ainsi qu’une filiale ou une succursale dans l’UE dont le chiffre d’affaires est supérieur à 200 millions d’euros.
Conséquences pour la vérification
Si votre organisation se situe en dessous de ces seuils, vous n’avez aucune obligation légale d’obtenir une assurance sur votre reporting de développement durable. Cependant, la pression du marché exercée par les institutions financières, les grands clients et les investisseurs n’a pas disparu. La Commission prépare actuellement une norme de reporting volontaire basée sur le cadre VSME de l’EFRAG, conçue spécifiquement pour les entités qui ne sont plus tenues de rendre compte. L’adoption précoce d’une vérification volontaire selon le cadre VSME témoigne d’une gouvernance ESG proactive et peut permettre à votre organisation de se démarquer dans les processus d’approvisionnement, les négociations de financement et les rapports destinés aux parties prenantes. De nombreuses organisations non concernées par ces obligations choisiront de se soumettre à une vérification selon cette norme volontaire afin de préserver leur crédibilité auprès de leurs partenaires de la chaîne de valeur.
Clarification du cadre d’assurance
Pour les entités qui restent dans le champ d’application, le cadre d’assurance a été clarifié. La possibilité de s’orienter vers une assurance raisonnable a été supprimée. L’assurance limitée est désormais confirmée comme l’exigence définitive, et non plus comme une étape transitoire. L’adoption d’une norme d’assurance limitée à l’échelle de l’UE a été reportée au 1er juillet 2027, avec la perspective d’un alignement sur la norme ISSA 5000. Pour les organisations qui préparent leur premier rapport, cela signifie se concentrer sur les fondamentaux : la traçabilité des données, les contrôles internes et une documentation capable de résister à un examen indépendant.
Calendrier de reporting actualisé
Le calendrier de reporting est désormais fixé. Les reports de type « Stop-the-Clock » ont été rendus permanents. Les entités de la vague 2 qui restent dans le champ d’application rendront compte de l’exercice 2027, avec une publication en 2028. Les sociétés mères non européennes relevant du champ d’application rendront compte de l’exercice 2028, avec une publication en 2029. Les États membres peuvent exempter les entités de la vague 1 exclues du champ d’application de l’obligation de déclaration pour les exercices 2025 et 2026, en accordant des allègements transitoires lorsque les gouvernements nationaux choisissent de les mettre en œuvre.
Simplification des normes ESRS
Les normes européennes de reporting en matière de durabilité (ESRS) font actuellement l’objet d’une révision. L’EFRAG a remis à la Commission, en décembre 2025, un avis technique simplifié proposant une réduction significative du nombre de points de données et une rationalisation de l’évaluation de la double matérialité. Les ESRS révisées devraient être adoptées d’ici septembre 2026. D’ici là, les ESRS existantes restent applicables. Notre conseil : n’attendez pas les ESRS simplifiées. L’évaluation de la double matérialité reste le fondement de la conformité à la CSRD, et le travail essentiel consistant à mettre en place la traçabilité vérifiable des données, les contrôles et les chaînes de preuves ne change pas simplement parce que certains points de données pourraient être supprimés. Les organisations qui entament ce travail dès maintenant se préparent à la vérification, quelle que soit la version des ESRS qui s’appliquera finalement.
Conséquences du « plafond de la chaîne de valeur »
Une autre évolution importante est l’introduction du « plafond de la chaîne de valeur ». Les entreprises déclarantes ne peuvent pas demander aux entités protégées – celles comptant moins de 1 000 salariés – des informations de développement durable allant au-delà de la future norme volontaire VSME. Ces petites entités ont le droit légal de refuser de telles demandes.
Cela a des implications directes pour la vérification, car les prestataires d’assurance doivent s’assurer que les données déclarées ont été obtenues dans le respect de ces restrictions. Tout manquement à cette obligation pourrait remettre en cause la validité du rapport.
Perspectives d’avenir
La finalisation de la directive «Omnibus» apporte une clarté tant attendue aux organisations qui évoluent dans le paysage changeant du reporting de développement durable. Si le champ d’application du reporting obligatoire s’est rétréci, les attentes en matière de qualité des données, de transparence et de crédibilité restent élevées.
Cette période de transition offre aux organisations une occasion précieuse de réévaluer leur situation actuelle, de renforcer leurs processus internes de gestion des données et de s’assurer que leurs cadres de reporting sont solides et prêts à faire l’objet d’une assurance indépendante. Que le reporting soit obligatoire ou volontaire, des données crédibles en matière de développement durable resteront essentielles pour maintenir la confiance des parties prenantes et répondre aux attentes du marché.
Il est essentiel de comprendre l’impact de ces changements réglementaires sur votre organisation. Notre équipe accompagne les organisations à travers des évaluations de préparation à la CSRD, des analyses des écarts et des services de pré-vérification, vous aidant ainsi à identifier les risques clés, à remédier aux non-conformités et à vous préparer efficacement aux futures exigences d’assurance.
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Références
Références
- Conseil de l’UE : accord sur la simplification de la CSRD
- Projet de simplification de l'ESRS
- Présentation générale de la directive CSRD Omnibus
- Résumé de la simplification de la CSRD
- Guide sur la double matérialité
- Directive européenne 2026/470 (texte officiel)
- Proposition de simplification de l'ESRS
- Analyse globale de la durabilité de l'UE
- Mises à jour globales de l’ESRS
- Norme ISSA 5000 et normes d’assurance de l’UE
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